INAUGURATION ECOLE ET FORAGE D'IWOL
Le 17 novembre 2016 a eu lieu à Iwol
l'inauguration officielle
du bâtiment construit pour l'école,
ainsi que du forage et de la pompe.

Durant l'été 2015, après la demande des villageois, un nouveau projet voyait le jour : construire deux nouvelles classes "en dur" pour l'école d'Iwol (l'école publique y existe depuis octobre 2010. Avant, c'était une école privée missionnaire)[ -> (re)voir page "Une école pour les enfants d'Iwol." ]
Comme prévu après la grande soirée caritative organisée en novembre 2015, puis lors du lancement du chantier pour la nouvelle école en février 2016 [ -> (re)voir page "Une nouvelle école pour Iwol." ], et enfin au terme de la constrution et de l'aménagement du bâtiment scolaire en mai 2016  [ -> (re)voir page "[...] construction école 2016." ]une délégation de six représentants de l'association « De l'eau pour Iwol » s'est rendue sur place en novembre 2016.

Nos bénévoles ont d'abord participé aux dernières finitions apportées au bâtiment scolaire.

Ainsi, ils ont accroché sur un mur extérieur la lourde cloche achetée et spécialement gravée en France. Des enfants du village l'ont fièrement faite tinter dès l'installation terminée.

Un responsable a été désigné, le carillon rythme désormais la vie des écoliers qui feront sonner la cloche à tour de rôle !

Nos bénévoles ont également installé les quatre lampes solaires acquises en France et apportées à Iwol pour permettre d'éclairer les deux salles de l'école et ainsi faciliter les cours donnés le soir en dehors des heures de classe : 
- préparation au Certificat d'études 
- préparation au concours d'entrée en 6ème 
- cathéchisme.
Le type de lampes choisi est un modèle amovible qui dispose d'une batterie intégrée offrant une autonomie d'éclairage de quelques heures. Ainsi, les lampes pourront être utilisées dans d'autres lieux et servir à d'autres occasions, comme par exemple lors d'offices religieux de fin de journée
(il fait nuit tôt au Sénégal).
Les enfants de l'école n'ont pas manqué de partager ces moments avec nos bénévoles, en leur montrant leurs livres scolaires, leurs nouveaux pupitres, ou en étant subjugués par des photos "sur écran" après avoir attendu leur tour pour recevoir une casquette et quelques ballons de baudruche... Des calculatrices solaires (offertes par l'entreprise Mylan), ont été distribuées aux élèves entrant au collège.
Après les finitions de dernière minute et les préparatifs, place à l'inauguration.
Les autorités administratives et des officiels locaux ont spécialement fait le déplacement jusqu'à Iwol pour assister aux festivités et aux célébrations.

Un mat a été dressé au centre du terrain devant l'école afin d'y hisser les couleurs du Sénégal (le peuple Bédik n'en ayant pas).

Durant les cérémonies, un groupe d'enfants d'Iwol a chanté l'hymne national pendant la levée du drapeau sénégalais, comme le montre la vidéo (à droite).
L'inauguration concernait aussi le forage et la pompe.
Les femmes du village ont souhaité adresser publiquement un message de remerciements tout particulier à tous ceux qui ont permis d'apporter l'eau à Iwol. Depuis, leurs corvées quotidiennes en ont été considérablement allégées.
Merci d'écouter leur vibrant hommage ci-contre...
Tout le monde s'est rendu jusqu'au forage et à la pompe en bas du village où un groupe de femmes remplissait leurs bassines.
Les autorités et les officiels ont ainsi pu constater que tout fonctionne parfaitement bien désormais, après une courte pénurie d'eau subie suite à une saison sèche 2016 particulièrement aride. Le niveau statique
(la remontée d'eau s'était fixée à 36 mètres de profondeur depuis le forage) est ainsi descendu beaucoup trop bas à la fin de cette période de sécheresse inhabituelle. Les 45 mètres de tuyaux atteignant la nappe n'ont plus été suffisants, en conséquence de quoi l'eau n'a plus pu être pompée pendant quelques temps. Puis, lorsque la saison des pluies est arrivée, le niveau de la nappe phréatique est remonté naturellement, la pompe est redevenue fonctionnelle.
Comme l'a diagnostiqué le Directeur de la société FORAMAT
(entreprise qui a réalisé le forage en 2014), venu tout spécialement à Iwol, il ne s'agissait donc pas d'une panne matérielle liée à une avarie technique, mais d'une pénurie découlant d'aléas climatiques imprévisibles et incontrôlables.
Afin d'éviter que cette situation ne se reproduise à l'avenir, l'association a engagé des fonds supplémentaires pour faire installer 55 mètres de tuyaux, à la place des 45 mètres existants, soit 10 mètres de profondeur en plus. 
Ces travaux ont été effectués par l'entreprise FORAMAT quelques jours plus tard. 
Les célébrations ont été ponctuées de différents discours.

Notre délégation de bénévoles s'est exprimée au nom de l'association en fin d'inauguration.
(voir vidéo à droite)

Les autorités administratives ayant pris publiquement la parole sont :

- le premier adjoint au Maire de Bandafassi
- le Principal du collège d'Ibel
- l'Inspecteur de l'Education et de la Formation de Kédougou
- le Sous-Préfet de Bandafassi.
Par ailleurs, deux autres discours ont été prononcés par les officiels locaux :
- le premier, rédigé par Jean-Baptiste KEITA représentant le Chef du village d'Iwol,
- le second, écrit et dit par Jean-Paul FAYE, instituteur et directeur de l'école d'Iwol.
Ces deux discours ont été intégralement retranscrits à côté de leur vidéo (voir plus loin).
Enfin, les coutumes et traditions locales ont également été respectées durant ces festivités.
Les habitants du village d'Iwol sont "chrétiens-animistes", c'est-à-dire qu'ils sont convertis au catholicisme mais ont choisi de conserver farouchement leurs rites ancestraux pour perpétuer leurs traditions bédiks. Ils pratiquent leurs "cultes mêlés" en toutes occasions.

Ainsi, dans un premier temps, deux prières (« Notre Père » et « Je Vous salue Marie ») ont solennellement été récitées en langue Bédik par Jean-Baptiste (représentant du Chef du village) qui officie aussi dans l'église en donnant les messes rythmant la vie de la population.
Les villageois présents ont tous priés avec ferveur pour « présenter à Dieu les bienfaits qu'Il a fait au village d'Iwol »
(sic).
Ce moment absolument exceptionnel est à découvrir sur la vidéo ci-contre.
Même si la langue reste mystérieuse et incompréhensible pour nous, la gestuelle est universelle, tout comme certains mots...
Puis dans un second temps, plus tard dans la journée, les "Masques" sont venus spécialement pour honorer à leur tour les réalisations accomplies par l'association.
Sont ainsi apparus le Masque CHAMBOUMBOU
(avec sa coiffe de feuilles de palme de ronier tressées, symbolisant le porc-épic, emblème des Bédiks) et le Masque MADOUKOUTA (presqu'intégralement recouvert d'une épaisse couche de feuilles de karité).
Ils ont procédé à leur danse rituelle, accompagnés par les chants et les danses des femmes Bédiks ornées de leurs plus beaux atours arborés pour l'occasion.

DISCOURS ÉCRIT PAR JEAN-BAPTISTE KEITA
(REPRÉSENTANT DU CHEF DU VILLAGE D'IWOL)



VILLAGE BÉDIK D’IWOL 

INAUGURATION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE 
DISCOURS DE BIENVENUE. 
 
Monsieur le Sous-Préfet de Bandafassi, 
Monsieur le Maire de Bandafassi, 
Messieurs les Notables du village, 
Messieurs les partenaires « De l’eau pour Iwol », 
Messieurs les membres de l’association « De l’eau pour Iwol » représentée par son Président Monsieur Eric MONTAGNÉ, 
Chers habitants du village d’Iwol.

Permettez-moi, en ce jour solennel, de pouvoir adresser à toutes ces honorables personnalités ici présentes les mots de bienvenue dans notre cher village.
Pour tous ceux qui ont pris le temps et l’énergie nécessaires pour se déplacer jusqu’à nous et nous témoigner de leur amitié et de leur soutien, nous vous souhaitons du fond du cœur la bienvenue.
Après des mois de dur labeur, malgré un succès, un accès très difficile, nous voici enfin réunis aujourd’hui pour procéder à l’inauguration de cette énorme réalisation qu’est ce bâtiment qui constitue pour nous, habitants d’Iwol, plus qu’un bien : un patrimoine. 
Iwol a toujours été un village avec d’énormes problèmes, que l’on ressent doublement du fait de son relief accidenté et de son accès difficile.  
Nous avons longtemps souffert du manque d’eau qui a occasionné le déplacement des populations et ainsi l’abandon progressivement d’un village existant depuis des siècles, terre de nos aïeux.  
Nous avons aussi toujours souffert d’un manque de structure de santé pour ses habitants en proie aux maladies de toute nature, et donc il n’existe même pas de case de santé pour affecter les premiers soins, ainsi que d’un manque de programme sanitaire. 
Entre autre souffrance, il faut noter aussi que n’ont été les efforts fournis ces dernières années, les différents acteurs que nous remercions au passage, les enfants d’Iwol ont toujours souffert d’un manque d’école pour assurer leur éducation. Si l’accès au village, lors d’un premier voyage, vous semble difficile, imaginez nos enfants obligés de descendre et remonter au moins quatre fois par jour pour aller à l’école d’Ibel. 
A la suite de tout ce que je viens de citer comme souffrances, vous imaginez la joie que tous les habitants de village ont pu ressentir à la vue de ce bâtiment qui, d’une manière ou d’une autre, vient faire renaître tous les espoirs que nous avions, hélas, presque perdus. 
Puisque les autorités administratives nous ont témoigné par leur présence, je ne saurai aller au terme de mon discours sans lancer un vibrant appel à leur endroit pour qu’ils ne nous oublient pas. Dans la mission qui leur incombe d’améliorer le quotidien des populations et de guider notre pays vers des lendemains meilleurs, l’accès de notre village est certes difficile mais cela ne doit guère être une raison particulière pour laisser les habitants de ce village livrés à eux-mêmes sans infrastructures ni aides gouvernementales de quelque nature que ce soit. Depuis la visite de l’ancienne première Dame, en l’occurrence Madame Viviane WADE, qui est repartie d’ici avec un lot de promesses que nous n’avons jamais vues, Iwol peine à tomber dans les bonnes grâces des autorités pour l’aider à se développer et à s’assumer économiquement.  
Les problèmes dont souffre la population sont tellement nombreux qu’il serait difficile de tous les nommer. Ici nous sommes conscients de ces problèmes ne pourront pas tous être résolus en même temps, mais nous avons quelques-uns qui nous soutiennent essentiellement au cœur. 
Nous remercions du fond du cœur l’association « De l’eau pour Iwol » en exhortant les autorités ici présentes de poursuivre cet effort pour un meilleur devenir de ses enfants si innocents et qui ne demandent qu’à étudier. 
Tous les habitants d’Iwol, par ma voix, vous adressent tous les remerciements et vous rendent un vibrant hommage pour cette réalisation qui va permettre à tous les enfants de disposer d’un local adéquat pour bien se concentrer dans leurs études. 
Je vous remercie. 

DISCOURS DE JEAN-PAUL FAYE
(INSTITUTEUR ET DIRECTEUR DE L'ÉCOLE D'IWOL)


Monsieur le Sous-Préfet de Bandafassi,
Monsieur l'Inspecteur de l'Éducation et de la Formation de Kédougou représenté par Monsieur CISSOKO,
Monsieur le Maire de Bandafassi,
Messieurs les Partenaires « De l'eau pour Iwol »,
Monsieur Le Principal d'Ibel,
Monsieur le Directeur de FORAMAT,
Monsieur le Chef du village d'Iwol,
Messieurs les Chefs Coutumiers et Notables du village,
Chers collègues,
Honorables invités selon votre ordre de distinction.

C'est avec un grand honneur et une très grande joie que je prends la parole en ce jour qui sera gravé à jamais dans les archives de notre établissement.

Je voudrais, dès l'entame de mes propos, souhaiter la bienvenue à toutes et à tous à Iwol.
Comme vous l'avez constaté chères autorités, Iwol est une zone dont l'accès est très difficile. Vous avez accepté de nous honorer avec beaucoup d'abnégation, bien vrai que votre calendrier est très chargé e
n ce jour d'inauguration.
Je voudrais cadrer mon allocution sur deux volets : volet du
FORAGE et volet de L'ÉCOLE.
Pourquoi je vais parler sur ces points ? Parce qu'ils sont étroitement liés.
Voici ce que nos partenaires ont réalisé en intervalle de 3 ans. Je crois que ces points sont essentiels dans la vie de l'Homme.
Dans le cadre du FORAGE, il fut des années où la femme à Iwol souffrait extrêmement à cause de l'eau. Elle se réveillait très tôt le matin pour aller à la recherche d'eau et il fallait aller plus de 2 kms là où se trouve le seul puits du village. Elle emmenait les fillettes pour avoir le maximum de quantité. Les enfants, c'est-à-dire les élèves, venaient souvent en retard à l'école à cause de la recherche d'eau.
L'eau qui est indispensable dans la vie de l'Homme était très rare à Iwol. Face à cette situation, beaucoup de touristes venaient visiter le village sans venir en aide à cette population.
Voici des humanistes, touristes au temps, qui ont constaté la souffrance de la population d'Iwol. Je veux nommer l'association « De l'eau pour Iwol ». Elle mérite des applaudissements. Parce que ce qu'on pensait impossible, ils l'ont fait. C'est de faire un forage sur la colline d'Iwol. MERCI chers partenaires de votre abnégation et de votre solidarité.
Voilà après avoir régler le problème de l'eau à Iwol, ils ne se sont pas arrêtés là.
Sous la demande du village, ils ont attaqué un autre domaine qui est l'ÉDUCATION (la construction de salles de classe).
L'ÉCOLE élémentaire d'Iwol a son statut public en octobre 2010 en remplacement de l'école privée missionnaire. Ce qui fait sa particularité avec les autres écoles, c'est l'enclavement. L'école se trouve sur la colline. Et cela cause beaucoup de difficultés parce que c'est une zone où les enseignants n'aiment pas servir parce qu'ils se sentent isolés, parfois oubliés.
L'école, depuis sa création, n'avait pas de salles construites et les cours se faisaient dans des abris provisoires. C'était très difficile de travailler dans de telles conditions parce qu'il y avait la poussière et le vent. Les enfants tombaient chaque fois malades à cause de la poussière. Cela se manifestait par des toux récurrentes.
Penser à l'élève pour son apprentissage, c'est aussi penser à l'éducateur pour l'efficacité de son enseignement.
Je félicite au passage le Président Macky SALL pour les progrès qu'il entreprend pour la réussite de l'école sénégalaise. Je parle dans le cadre du PAQUET qui est un programme d'amélioration de la qualité. 
Avant, nous avons travaillé dans des conditions extrêmement difficiles parce que l'école n'avait ni malette pédagogique, ni salle construite, ni cantine scolaire, et tel n'est pas le cas dans les autres écoles environnantes. Cela n'a rien changé dans notre vocation. Et Abbé Bernard NDIAYE disait dans "Parole sur la vie" (je cite) : « Mais je n'oublie pas qu'un enfant c'est un riche pauvre , un creuset de qualités et de défauts. Cet enfant qui est en face de moi, c'est celui qui ne peut pas et qu'il faut porter, celui qui ne sait pas et qu'il faut guider, celui qui n'a pas et à qui il faut donner, celui qui risque de sombrer dans la médiocrité et qu'il faut corriger. Il faut l'entourer, l'éduquer et le faire grandir en l'aidant à développer ses richesses humaines et spirituelles contenues virtuelle en luimais qu'il ne possède pas pleinement encore. Voilà pourquoi je me dis toujours que nos enfants seront demain ce que nous faisons d'eux aujourd'hui. » (fin de citation).
Et Abraham LINCOLN disait encore : « Je plains l'homme qui ne sent pas le fouet quand c'est le dos d'un autre qui est frappé. »
Chers partenaires, vous êtes sensibles à la souffrance de l'Homme. Nous vous remercions infiniment de votre générosité.
Je remercie le Sous-Préfet et vous tous qui avez effectué un déplacement pour nous honorer.
Bon retour. Merci.