I L   É T A I T   U N E   F O I S . . . 

Il était une fois, un beau matin de mai 2013, cinq amis qui s’envolaient pour le Sénégal avec pour tout bagage le sac à dos de l’apprenti baroudeur, et pour seule motivation la soif de découvrir un monde sans artifices aux antipodes de leur environnement quotidien.

Leur périple, très loin des circuits touristiques, allait les emmener à l’extrême Sud-Est du pays, dans un coin reculé du Sénégal oriental, tout proche des frontières de la Guinée et du Mali.

Pour arriver jusqu’à cette destination, la route était très longue :

—> plusieurs heures d’avion ;

—> une nuit et une matinée de bateau ;

—> une escale de quelques jours en Casamance pour découvrir cette magnifique région du Sénégal ;

—> une très grosse journée de voyage en taxi-brousse pour traverser le pays d’Ouest en Est sur des routes chaotiques, journée ponctuée de plusieurs arrêts aux check-point de sécurisation du réseau routier ;

—> deux jours de pistes toutes justes praticables pour traverser le Parc National du Niokolo Koba puis le pays Bassari ;

—> et deux nuits en bivouac au milieu des animaux sauvages, au bord d’un fleuve peuplé de crocodiles et d’hippopotames.


Après ce long voyage donc, les cinq amis s’étaient enfin retrouvés en pays Bedik, une ethnie locale très minoritaire pour ne pas dire confidentielle… Leur population totale serait estimée à quelques 3 300 individus d'après une étude ethnologique datant de 2009. (source : ethnologue.com)

Mais les cinq routards n’étaient pas encore au bout de leur peine…

Il restait à gravir la colline culminant à 483 m au sommet de laquelle était nichée la capitale du Pays Bédik : IWOL, un joli petit village de cases au toit de chaume disséminées à l’ombre d’arbres majestueux et centenaires.

Sauf qu’il n’existait plus aucun chemin carrossable pour accéder au village. Le seul moyen de grimper là-haut, c’était à pied.

Prenant leur courage à deux mains, ils étaient partis pour trois bons quarts d’heure de randonnée harassante et éprouvante sur un sentier escarpé et pentu, par 40° à l’ombre…..sauf qu’il n’y avait pas d’ombre !!!


Finalement, la récompense était au bout du chemin… La première rencontre inoubliable en arrivant à IWOL était l’incroyable doyenne des lieux vêtue de son habit traditionnel coloré, ornée de parures de perles, et le nez percé d’une épine de porc-épic, la coquetterie locale !

Puis l’accueil spontané et enjoué des habitants et surtout la rencontre des enfants souriants avait vite effacé l’effort déployé pendant l’ascension jusqu’à ce village singulier comptant un peu plus de 600 âmes réparties en quatre familles.

 

Et finalement, une décision était aussi au bout du chemin : donner une bonne fois pour toute l’accès à l’eau dont IWOL manque cruellement. C’était apparu comme une évidence après que l’un des cinq baroudeurs avait malencontreusement renversé une des grandes bassines d’eau que les femmes avaient dû vaillamment porter sur leur tête pour aller chercher le précieux liquide à 1 km ½ du village, tout en bas de la colline….

 

C’était ce jour-là que les cinq amis s’étaient dit qu’ils devaient faire quelque chose pour que ce village sans eau, sans électricité, sans route d’accès, puisse avoir un puits à disposition de ses habitants.


Cette histoire peut paraître incroyable, et pourtant elle est vraie. C’est celle qu'ont vécu ces 5 amis. C'est celle qui est à l'origine de leur volonté d'apporter l'eau à IWOL. Car comment est-il encore possible à notre époque qu’un village, aussi petit et isolé soit-il, ne puisse pas disposer d’un simple puits ?

L’eau c’est la vie.
Il y a de la vie à IWOL.
IWOL doit donc avoir de l’eau ! 

Ce n’est pas un luxe et surtout pas une ingérence dans son mode de vie…Ce n’est qu’un droit que ses habitants, depuis des générations, rêvent d’obtenir !

C’est dans cet objectif qu'ils se sont mobilisés depuis leur retour en France. 

Ils ont créé une association loi 1901 à caractère humanitaire ayant pour objet premier de réaliser et financer le forage d’un puits. 

Et c’est parti ! Le roulement des tam-tams se répercute au-delà des murs du grand Biterrois pour sortir de leurs retraites les vieux briscards de foreurs et autres géologues qui ont sillonné l’Afrique. 
Oh bien sûr, c’est sur les claviers des ordinateurs et des téléphones que les doigts glissent et non pas sur la peau du djembé !
Peu importe... ils ont entendu, les Jean-Michel, Sérigne, Emmanuel…
Fin janvier 2014, un bulldozer a ouvert une piste sur 2,5 kms, pour rendre IWOL enfin accessible autrement qu’à pied et ainsi relier la vallée au village.
Non seulement cela facilite considérablement la vie des habitants, mais en plus cela permettra que fin mai 2014 la foreuse puisse entrer en action…


Oui, ces cinq amis ont promis de tout mettre en oeuvre pour amener l'eau à IWOL !
Simplement 
pour le respect de la dignité humaine...
Simplement pour le sourire d’un enfant...

Car comme l'a écrit Antoine DE SAINT-EXUPÉRY :  
« Eau... Tu n’es pas nécessaire à la vie, tu es la vie »